Salut tout le monde, j’espère que vous allez bien. Je suis ravie de vous retrouver pour cette nouvelle vidéo. Aujourd’hui, je vais aborder avec vous une partie de mon quotidien, celui d’autrice et maman célibataire. Et plus précisément, je vais vous raconter mon expérience durant le confinement avec un enfant de 4 ans. Cette vidéo va se découper en 3 parties. La première où je vous présente/rappelle mon activité, et ma situation personnelle (sans trop rentrer dans les détails). Dans la deuxième partie, j’aborde l’écriture en période de stress (notamment dû à la crise sanitaire). Enfin, je vous confierai mes difficultés à écrire avec un enfant de 4 ans dans les pattes.

Petite précision qui a son importance : tout au long de cette vidéo je parlerai essentiellement des autrices et des mamans. Je passe volontairement sous silence les auteurs et les papas, car je ne suis pas concernée, pour des raisons évidentes. Mais je suis tout à fait consciente que vous souffrez également de problématiques similaires et différentes à la fois. Alors n’hésitez pas à prendre la parole de votre côté, cela nous intéresse également 🙂
Je referme la parenthèse. C’est parti !

Introduction

L’écriture n’est déjà pas une activité des plus faciles, rajoutez-y un contexte familial et professionnel, et vous aurez là un aperçu des douze travaux d’Astérix… d’Hercule… Vous m’avez comprise.

Écrire et élever ses enfants en parallèle, affronter une charge mentale importante, avec toute la gestion du quotidien, ménage, rangement, école, courses et j’en passe, cela relève vraiment de l’exploit. Elles sont nombreuses ces autrices qui galèrent à trouver du temps pour se mettre à leur bureau et écrire, quand elles doivent en plus changer les couches, aider aux devoirs, faire à manger et lancer une lessive en même temps (enfin, pas tout ça en même temps, mais vous avez saisi).

Parce qu’il ne s’agit pas seulement de trouver du temps. Il faut aussi être suffisamment disponible pour laisser l’imagination se développer, la concentration s’installer, la motivation nous envahir. Et malgré toute la bonne volonté du monde, parfois, ça ne suffit pas.

Mon activité, ma situation : rappels

Je suis autrice de romans et nouvelles de fiction. Je suis également correctrice professionnelle en partenariat avec une petite maison d’édition.
Depuis bientôt cinq ans, je suis maman. Et depuis septembre 2017, je suis célibataire.

J’ai la chance d’être hébergée par un membre de ma famille, c’est pourquoi certaines parties de mon quotidien sont allégées, je le reconnais : ce n’est pas moi qui fais les courses par exemple (sans être agoraphobe, être en présence d’inconnus en grand nombre tels que dans les grandes surfaces m’angoisse terriblement).

Parfois, c’est ma mère qui conduit ou va rechercher mon fils à l’école pour me permettre de commencer à travailler plus tôt.

J’ai également mentionné que j’avais un cheval. Je dois donc trouver du temps, en plus, pour m’occuper de mon canasson, aller prendre soin de lui, le faire travailler, le papouiller. La plupart du temps c’est le week-end, mais il arrive que je n’aie pas d’autre choix que d’y aller la semaine. Cela prend donc sur mon temps de travail.

Attention, je ne suis pas en train de dire que tout cela m’embête. Au contraire, je suis la plus heureuse et si vous m’enleviez un de ces aspects de ma vie, je me roulerais en PLS dans un coin et je ferais la grève de la faim. Je ne pensais pas avoir à gérer autant de choses dans ma vie, et de galérer à trouver du temps pour écrire au milieu de tout ça. Mais c’est la vie ^^

En fait, lorsque je me suis lancée dans l’écriture, à une époque lointaine, je ne mesurais pas la difficulté que cela représentait. Écrire, ce n’est pas seulement poser des mots sur une feuille. Il faut que cela ait un sens, un but, et donner vie à des personnages, créer un univers, leur faire vivre des aventures, est un travail en soi, et à temps plein.
Tout comme gérer une maison, et élever des enfants.

Pour toutes les mamans (célibataires ou en couple) qui écrivent : vous êtes des Wonderwomen en puissance, et vous avez tout mon soutien.

L’écriture en situation de stress

Je sais que pour certaines, le stress et l’angoisse agissent comme des boosters pour l’écriture (ou toute autre activité créative). Et je vous envie, car ce n’est pas du tout mon cas.

Plus je me sens mal, angoissée, en colère, tracassée par une chose ou une autre, moins j’arrive à me concentrer sur mes projets d’écriture. Alors, lorsque la situation a commencé à déraper en début d’année, puis que nos déplacements ont été réduits, puis que le confinement a été décrété, ça été un véritable challenge pour moi de ne pas péter un plomb.

Heureusement, j’ai la chance de ne pas être une personne à risque, ni ma mère, ni mon fils, mais ça n’empêche pas de s’inquiéter malgré tout, notamment pour nos proches qui vivent loin, qui eux sont à risque pour certains. Il a fallu que je fasse un gros travail sur moi, sur la gestion de mes émotions et de mon stress en particulier, pour continuer à écrire.

Plusieurs choses m’y ont aidé. D’une part, mes amies et collègues autrices et pour certaines, mamans également, m’ont motivée, sans vraiment le savoir, à ne pas baisser les bras.

Puis il y a eu le salon Virtua’livres sur Discord, qui a permis aux auteurs et autrices, ainsi qu’aux maisons d’éditions et illustrateurs, de pouvoir aller à la rencontre des lecteurs malgré la situation, sans quitter leur salon. J’y ai fait la connaissance de personnes extraordinaires, que je salue au passage.

Ensuite, je vous en ai déjà parlé, mais j’ai découvert le groupe de l’Académie du chat de l’écrivain, de Caroline Vermalle, qui pendant le confinement a organisé un atelier extraordinaire pour écrire une nouvelle et la publier dans la foulée. Pour cela, elle nous guidait à chaque étape, chaque jour lors de sprints d’écriture. C’est comme ça que j’ai écrit « Le prix de la liberté ».

Grâce à Caroline notamment, je me suis mis un coup de pied dans le fondement pour me motiver à me lancer ENFIN et officiellement dans la rédaction d’Erhetylia, ma série littéraire fantasy (je travaille encore dessus à l’heure actuelle), puisque « Le prix de la liberté » en est la préquelle.

L’écriture avec un enfant de 4 ans dans les parages

Mais le plus éprouvant dans cette période de confinement, ça n’a pas tellement été le fait d’être coincée chez moi. J’ai l’habitude de ne pas sortir, à part pour l’école de mon fils et mon cheval, ça ne me changeait pas beaucoup.

Non, le plus compliqué, ça été de parvenir à travailler avec un enfant de 4 ans dans les pattes ! Et je sais que tous les parents me comprendront, sur ce coup-là, auteurs ou pas ! Hein, qu’il est difficile de travailler et de se concentrer avec un enfant (à fortiori plusieurs) dans la même pièce ?

Alors imaginez ce qui se passe pour les parents seuls ? Parce qu’un enfant de 4 ans, ça ne s’occupe pas tout seul, hein ! Pas toute la journée, du moins. Ça va durer un quart d’heure, une demi-heure, il va jouer avec ses legos, ses peluches, regarder un livre (bah oui il ne sait pas encore lire ‘_’). Mais rapidement, le mien en tout cas, il veut que je joue avec lui ! Oui Madame, oui Monsieur ! J’ai dû jouer aux legos et aux petites voitures… TOUTE LA JOURNÉE !!! Et depuis le mois de mars ! Parce qu’il n’a pas repris l’école en juin, lui. Il y est retourné 10 jours juste avant les vacances quand notre bon ministre a rendu obligatoire le retour à l’école des enfants, même en petite section.

Alors j’avoue parfois, quand ma mère travaillait (elle est infirmière), j’ai craqué, et j’ai laissé mon fils regarder des dessins animés de temps en temps. C’est ce qui m’a permis de corriger le roman pour la maison d’édition qui a fait appel à moi, et d’écrire « Le prix de la liberté ».

Certains d’entre vous me diront, tu n’as qu’à te lever plus tôt le matin pour écrire, ou écrire le soir quand le gamin est au lit. Ce à quoi je réponds à chaque fois : c’est impossible. Mon rythme biologique ne me permet pas d’être productive lorsque le soleil n’est pas encore levé, ou lorsqu’il est couché (en plus, le matin, si je n’ai pas pris mon petit déjeuner, je n’arrive à rien, la seule chose à laquelle je pense c’est mon estomac qui gargouille ‘_’). Et si je me lève, je risque de réveiller et le gamin et ma mère, ce qui n’est pas le but, on est bien d’accord.

Conclusion

Tout ça pour dire que, en dépit de tout l’amour que je lui porte, j’ai été bien contente que mon fils reprenne le chemin de l’école en septembre, que j’ai pu reprendre un rythme de travail « normal ». Toutefois, avec tout ce qui se passe en ce moment, et peu importe le point de vue qu’on adopte sur le sujet, nous sommes bien obligés de nous plier aux mesures gouvernementales et les subir. La menace d’un nouveau confinement m’angoisse terriblement, pour ne pas dire que cela me terrifie.

Est-ce que j’arriverai à tenir le coup, avec mon fils à la maison plusieurs semaines, plusieurs mois, à ne pas pouvoir écrire, travailler dans de bonnes conditions ? À devoir bousculer mon rythme et devoir écrire la nuit finalement si je veux avancer malgré tout sur mes projets ?

Bien sûr que je tiendrai… mais combien de temps jusqu’à un burn out pour finalement tout laisser tomber ?

Et vous, comment avez-vous vécu le confinement, entre votre quotidien et l’écriture ?

Merci d’avoir regardé cette vidéo. Avant de partir, pensez à mettre un pouce bleu pour nourrir les dragons, abonnez-vous pour conjurer le mauvais sort, et je vous dis à très vite, pour une nouvelle vidéo. Prenez soin de vous, bybye 🙂